En Tchécoslovaquie, durant des décennies, un slogan était affiché sur les façades des bâtiments : «Avec l’Union Soviétique pour l’éternité ». Un autre, tout aussi péremptoire, le complétait : « Vive l’amitié indéfectible entre l’URSS et la République socialiste tchécoslovaque ». Des variantes de ces slogans étaient ânonnées dans les autres pays de l’Est. Les partis communistes, pétris de certitudes quant à la pérennité de leur pouvoir, se croyaient eux éternels. Leur rôle central, dominant et unique à la tête du pays était gravé dans le préambule des Constitutions socialistes… pour l’éternité ! En Occident, aucun gouvernement, aucune force politique de droite ou de gauche, aucun «expert», ne mettait en doute la pérennité des régimes socialistes qui servaient même de modèle , d’inspiration, pour une certaine gauche.
Et pourtant, les régimes communistes se délitaient par pans entiers. Certes, les partis communistes tentèrent quelques aménagements en espérant rendre performante une économie bancale. Certes, la répression avait perdu de son intensité et le discours idéologique sa virulence. Certes, la censure n’intervenait que modérément dans les domaines littéraires et artistiques.
Et Mikhaïl Gorbatchev vint en 1985 avec sa Glasnost et sa Perestroïka. En Occident on applaudissait à tout rompre le Sauveur du système communiste. Mais les partis communistes de l’Est se méfièrent d’emblée des « réformes gorbatchéviennes », car en déplaçant imprudemment quelques briques de l’Edifice communiste, Mikhaïl Gorbatchev provoqua des secousses de plus en plus fortes qui ébranlèrent l’Edifice communiste.
Le parti communiste polonais en relégalisant Solidarnosc en avril 1989, a ouvert une brèche béante dans le système qui se décomposa rapidement. Le parti communiste hongrois s’est auto-dissout à la suite de la reconnaissance du pluralisme politique. La population de l’Allemagne de l’Est en effervescence révolutionnaire a porté un coup fatal au parti communiste. L’ouverture du Mur le 9 novembre fut la secousse tellurique qui, abattit les régimes communistes. La Tchécoslovaquie, quelques semaines plus tard sortit elle aussi du système communiste. En cette fin de 1989, tous les pays de l’Est mirent fin à « l’éternité du communisme ».
Sans effusion de sang, sans guerres entre les deux » blocs », le système communiste s’effondra. ( Voir le n° 39 d’H&L consacré à cet extraordinaire événement).
Ilios Yannakakis
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