Archive pour mars 2010

Les penseurs révolutionnaires demandent un Marx, mais ne savent plus à quel Marx se vouer

Mardi 9 mars 2010

Du côté des penseurs du communisme, les cent fleurs s’épanouissent, et elles acceptent même de se présenter en bouquets. On les a vus ensemble à Londres, puis à Paris. Une fois à l’initiative maoïste de Badiou-Zizek, l’autre fois, à l’invitation, peu avant sa mort, du trotskiste Daniel Bensaïd.
En dehors de leur opposition à la société dans laquelle ils vivent, examinons ce qu’ils ont en commun.
Une commune lecture du passé ? En aucun cas. Pendant que Alain Badiou fait l’éloge de la révolution culturelle, et Slavoy Zizek de la vertu émancipatrice de la terreur, on n’entend rien de semblable chez Toni Negri, Étienne Balibar ou Jacques Rancière.
Des idées positives communes ? Sans doute, aucune. Mais trois mots et un nom. Le mot communisme, le mot commun, le mot émancipation, et le nom de Marx.
L’objectif de cette agitation éditoriale est que l’idée communiste référée à la figure de Marx redevienne hégémonique sur le terrain intellectuel. Qu’elle redevienne selon l’heureuse formule de Jean-Paul Sartre « l’horizon indépassable de notre temps».
Il serait sage de ne pas parier un seul kopeck sur cette start up to the worst past.

André Senik

De Vincent Peillon à Jean Valjean

Mardi 2 mars 2010

Vincent Peillon nous révèle les délits commis en 1965 par Alain Madelin et Patrick Devedjian. Cette année 1965 est celle de la sortie du film de Godart, Pierrot le fou. Les dérapages individuels de cette époque annoncent ceux de mai 68 et leur suite.
Il y a 45 ans, Madelin et Devedjian se seraient donc comportés comme des gauchistes d’extrême droite ?
L’important aujourd’hui est de savoir s’ils ont persévéré dans cette violence, ou s’ils en sont sortis et se sont consacrés, comme d’autres venus de l’extrême gauche, à la défense des droits de l’Homme et de l’État de droit.
La réponse ne fait aucun doute, mais ce n’est apparemment pas le problème de Vincent Peillon.
On connaît un autre exemple illustre de cette ténacité contre un ancien délinquant devenu irréprochable.
Il s’agit de l’inspecteur Javert.
Vincent Peillon n’aurait pas lâché Jean Valjean.

A.S.