Du côté des penseurs du communisme, les cent fleurs s’épanouissent, et elles acceptent même de se présenter en bouquets. On les a vus ensemble à Londres, puis à Paris. Une fois à l’initiative maoïste de Badiou-Zizek, l’autre fois, à l’invitation, peu avant sa mort, du trotskiste Daniel Bensaïd.
En dehors de leur opposition à la société dans laquelle ils vivent, examinons ce qu’ils ont en commun.
Une commune lecture du passé ? En aucun cas. Pendant que Alain Badiou fait l’éloge de la révolution culturelle, et Slavoy Zizek de la vertu émancipatrice de la terreur, on n’entend rien de semblable chez Toni Negri, Étienne Balibar ou Jacques Rancière.
Des idées positives communes ? Sans doute, aucune. Mais trois mots et un nom. Le mot communisme, le mot commun, le mot émancipation, et le nom de Marx.
L’objectif de cette agitation éditoriale est que l’idée communiste référée à la figure de Marx redevienne hégémonique sur le terrain intellectuel. Qu’elle redevienne selon l’heureuse formule de Jean-Paul Sartre « l’horizon indépassable de notre temps».
Il serait sage de ne pas parier un seul kopeck sur cette start up to the worst past.
André Senik

